Comment construire une évolution professionnelle dans la cybersécurité et prendre progressivement de nouvelles responsabilités ? Le parcours d’Elien Cardon en est l’illustration. Son évolution de carrière repose sur l’expertise, l’apprentissage et la confiance. Entrée comme CyberSOC Manager, elle devient rapidement Head of the Business Line Defense Center. Elle élargit son périmètre, développe ses compétences et apprend à manager des managers. Son parcours montre que les perspectives d’évolution se construisent dans la durée, en cultivant son réseau et en saisissant les opportunités.
Nous n’avions pas de CyberSOC Business Manager : il nous manquait cette dimension. Elien nous a aidé à construire ce volet, étape par étape, en gagnant de belles références. Aujourd’hui, nous disposons d’une business line à part entière en Belgique, partage Filip Verstockt, Country manager Orange Cyberdefense Belgium.
Elien Cardon, Head of the Business Line Defense Center, Orange Cyberdefense Belgium : « J’ai vingt ans d’expérience professionnelle, dont la majeure partie dans l’informatique. Après un premier emploi dans le marketing en ligne pour Google, à l’étranger, je suis revenue en Belgique où j’ai passé les concours d’entrée dans la fonction publique. J’ai été recrutée par le Ministère de la Défense et j’y suis restée dix ans. Durant ces années, j’ai évolué vers les aspects plus techniques liés à la sécurité. L’étape suivante et naturelle a été de retourner dans le privé, où je suis devenue responsable des opérations du SOC (« Security Operations Center) interne d’un distributeur. Je me souviens de la première conversation que j’ai eue avec Filip, il est venu s’assoir avec moi et deux de mes anciens collègues et je me suis dit : c’est le CEO d’Orange Cyberdefense ! Nous avons discuté, c’était très sympa. Filip mettait un point d’honneur à parler aux clients. Il avait le sens du réseau. Je me suis dit que je devrais essayer d’en faire autant. Lorsque j’ai été contactée par Orange Cyberdefense, j’ai accepté le poste et nous voilà, deux ans et demi plus tard. J’aime évoluer au sein de grandes organisations, qui permettent de créer du réseau et d’appréhender la complexité. »
Filip Verstockt, Country manager Orange Cyberdefense Belgium : « Moi, je suis un vieux de la vieille. J’ai commencé en 1996 chez un intégrateur belge, puis en 2000, j’ai rejoint Orange Business où j’ai pu évoluer d’un poste d’Account Manager à Responsable des ventes pour la Belgique et le Luxembourg. Puis je suis devenu Head of Sales and Design chez Orange Mobile Entreprise. Après un détour chez Alcatel-Lucent Entreprise, je suis revenu chez Orange en 2020 par la porte Cyberdefense. Le temps file quand on s’amuse. Nous sommes passés d’intégrateurs de sécurité à fournisseurs de services de sécurité managés, avec des capacités d’intégration. C’est là qu’Elien est entrée en scène ! Je me souviens, c’était en 2021. Ce que j’essaie de faire, pour recruter les profils aux postes clés, c’est évidemment, de regarder l’expérience de la personne. Elien avait mis en place des pratiques sécurité au sein du groupe Colruyt, qui est l’équivalent de Carrefour, en Belgique. C’est une marque forte et connue. Et je regarde aussi les références. Les gens parlaient d’Elien en très bons termes. Un poste s’est libéré, nous sommes allés déjeuner et j’ai tenté de la convaincre. Il faut croire que ça a marché. »
Elien Cardon : « Je me souviens du premier sujet que j’ai eu à traiter, j’étais alors Cybersecurity Manager. Il s’agissait d’un dossier difficile, avec l’intégration CyberArk pour un client. J’avais de l’expérience sur le sujet et j’étais donc plutôt confiante. Cela m’a aidé. Par la suite, j’ai travaillé sur des sujets plus éloignés de mon périmètre, comme la technologie Cortex. Au départ, j’ai appréhendé beaucoup de nouveaux sujets techniques, qui m’ont servi d’onboarding. »
Filip Verstockt : « A son arrivée, j’ai demandé à Elien de nous rendre plus professionnels au sujet de la cybersécurité. Nous n’avions pas de CyberSOC Business Manager : il nous manquait cette dimension. Elien nous a aidé à construire ce volet, étape par étape, en gagnant de belles références. Aujourd’hui, nous disposons d’une business line à part entière en Belgique. »
Filip Verstockt : « Je me souviens de cette mission menée pour la plus grande entreprise de chocolat au monde, dont le siège informatique était en Belgique. Elien était alors Responsable CyberSOC. Nous avons été très vite proches du client, en tissant une relation de confiance telle qu’ils nous ont attribué un contrat majeur. Nous l’avons fait grâce à une équipe fantastique, de l’Account manager à l’Avant-vente. C’est une expérience marquante. »
Elien Cardon : « Une autre réussite majeure, c’est la construction de l’équipe. Nous échangeons souvent sur les profils à recruter, le bon « package ». Nous gagnons des clients et les fidélisons en constituant une équipe solide. Nous l’avons réussi avec les analystes et pouvons le déployer à plus grande échelle. »
Elien Cardon : « J’étais très à l’aise avec les processus de services SOC. Mon défi a clairement porté sur la partie technologique. Et bien sûr, il m’a fallu me familiariser avec le Groupe. C’est d’ailleurs toujours d’actualité ! Je découvre encore des synergies. Comment nous articuler avec les différents pays et entités du groupe Orange ? Voilà un domaine où il reste bien des choses à découvrir pour trouver des connexions. Je sais que j’ai encore une marge de progression, notamment sur la partie financière. On n’arrête jamais d’apprendre. »
Filip Verstockt : « Depuis le 1er janvier, Elien est responsable de bout en bout du Profit and Loss (« P&L»), le compte de résultat de sa business line. Il faut apprendre à être agressif pour croître, tout en s’assurant de dégager du profit. Trouver cet équilibre, cela s’apprend. Et c’est l’un des grands défis d’Elien. »
Elien Cardon : « Je suis arrivée il y a deux ans et demi chez Orange Cyberdefense comme CyberSOC Manager pour la Belgique. Depuis janvier, j’occupe le poste de Head of the Business Line Defense Center. Le temps passe vite ! »
Filip Verstockt : « Je voyais depuis quelque temps qu’Elien pouvait faire beaucoup plus et que je risquais de la perdre si je ne lui donnais pas plus. La nouvelle organisation d’Orange Cyberdefense est arrivée comme un cadeau. J’ai pu lui confier la partie CyberSOC, l’ethical hacking et lui lancer de nouveaux défis, comme devenir manager de managers. Cela demande d’apprendre à déléguer, ne pas résoudre chaque problème par soi-même. Je me souviens, j’étais en train de dessiner la nouvelle organisation pour la Belgique, miroir de celle de la France. J’ai discuté avec Elien et elle a très rapidement accepté cette évolution. »
Elien Cardon : « Il y a beaucoup d’occasions de se former chez Orange Cyberdefense, à travers les certifications et les modules de formation, mais selon moi, chaque réunion, chaque atelier est une occasion d’apprendre. Filip dit que je suis une passionnée et il n’a pas tort. Par exemple, lors des réunions mensuelles avec la finance, j’aime comprendre et passer les lignes en revue : c’est de la formation de terrain. Les formations collectives des managers sur la conduite de changement sont aussi précieuses et, loin d’être un luxe, aident à se rappeler des concepts importants. »
Filip Verstockt : « Pour l’ensemble du middle management, nous organisons deux fois par an une rencontre avec un intervenant externe sur un sujet précis. Le dernier en date traitait de la façon de gérer le changement dans son équipe. Ce consultant nous a donné des conseils pratiques pour appréhender les incertitudes et mieux gérer les équipes face à la transformation. C’est important de faire des piqûres de rappel sur ces sujets : c’est en répétant les concepts qu’ils finissent par être intégrés par les managers. »
Elien Cardon : « Il a été crucial. Filip a le sens de la culture d’entreprise, de la compatibilité, il connaît toutes les pièces du puzzle. Nous partageons des valeurs telles que l’honnêteté, la transparence, la capacité à avoir un peu de conflit sans remettre en question la relation professionnelle. J’ai travaillé dans différents environnements et je crois qu’ici, j’ai trouvé une bonne adéquation entre mes valeurs personnelles et celles de l’entreprise. »
C’est une attitude « can-do ». Se mettre autour de la table pour trouver des solutions et le faire correctement, sans être des cow-boys, en respectant l’image et les valeurs de l’entreprise. Cela s’illustre aussi par le fait d’être entendu et reconnu, avec une culture d’entreprise très positive, orientée vers l’action et la résolution des problèmes. C’est l’état d’esprit qui me convient le mieux, je m’y sens comme un poisson dans l’eau, confie Elien.
Filip Verstockt : « Passionnée par son métier, Elien est très constructive, en cherchant toujours à amener l’entreprise à un niveau supérieur. Proche du terrain, Elien va souvent chez les clients, elle est à leur écoute et n’est pas un manager de tableurs Excel. Par sa façon d’être, elle sait convaincre des personnes talentueuses de nous rejoindre. J’apprécie aussi son honnêteté. Face à un problème, elle le met sur la table pour le résoudre collectivement. Nous nous arrivons toujours à des solutions. J’apprécie sa transparence. »
Elien Cardon : « Je conseillerais aux jeunes talents de venir au bureau, aux événements conviviaux. Ce sont des opportunités pour rencontrer des clients, des collaborateurs. Être dans l’IT, ça ne veut pas dire rester éloigné des autres à 100%. Travailler ses relations, c’est aussi investir dans sa carrière. Chez Orange Cyberdefense, tout nouvel arrivant a son propre mentor. C’est une occasion de poser des questions et de progresser. Je pense aussi qu’il savoir être patient. Moi qui suis très « rouge » de nature, j’aime quand les choses avancent, mais il faut accepter que certaines choses prennent du temps. »
Filip Verstockt : « Il faut être passionné et penser à long terme, mais surtout, il faut l’exprimer. Un manager ne connaît pas les aspirations d’un collaborateur. Je rejoins Elien sur le fait de créer et cultiver des liens avec les gens. Je le constate avec mon fils aîné, qui voulait passer d’un poste d’ingénieur à des fonctions plus commerciales. Je lui ai conseillé d’exprimer son désir, il l’a fait et vient d’obtenir sa promotion. Les jeunes manquent de patience, ils pensent être promus au bout de six mois. Mais ça ne marche pas ainsi. Donc mon conseil, c’est aussi la patience. Je ne l’étais sans doute pas moi-même lorsque j’étais jeune ! »
Elien Cardon : « Selon moi, c’est une attitude « can-do ». C’est savoir se mettre autour de la table pour trouver des solutions et le faire correctement, sans être des cow-boys, en respectant l’image et les valeurs de l’entreprise. Cela s’illustre aussi par le fait d’être entendu et reconnu, avec une culture d’entreprise très positive, orientée vers l’action et la résolution des problèmes. Contrairement à l’administration où j’ai longtemps travaillé, c’est l’état d’esprit qui me convient le mieux, je m’y sens comme un poisson dans l’eau. »
Filip Verstockt : « Pour ma part, le « Hacking spirit », c’est savoir penser long terme, plutôt que d’emprunter des raccourcis. Je pense aussi au respect mutuel, l’entraide, l’honnêteté et l’audace. Ces valeurs sont essentielles. »
Elien Cardon : « Je ne pense pas que mon rôle soit vraiment impacté. Le plus important est d’identifier et de soutenir les initiatives qui nous aiderons à intégrer l’IA de manière responsable. Nos équipes de la Business line sont assez techniques, elles ont l’habitude du changement. Il y a vingt ans, j’ai commencé ma carrière au moment du lancement de Gmail, chez Google. Beaucoup de choses, évidentes aujourd’hui, n’existaient pas. Nous avons déjà traversé plusieurs cycles de changement et les jeunes aiment la nouveauté. »
Filip Verstockt : « L’IA n’est pas une menace. Voyons comment elle peut nous aider à devenir plus professionnels. Cette année, nous avons lancé un programme d’ambassadeur IA en Belgique. Dans chacune de nos équipes, nous avons une ou deux personnes passionnées par l’intelligence artificielle. Ensemble, elles échangent sur des moyens d’améliorer le travail des équipes, que ce soit sur les opérations commerciales ou dans le domaine juridique. Notre culture d’entreprise, c’est aussi savoir s’adapter face à un monde qui change en permanence. Le discours ambiant est de penser que les gens ne seront plus nécessaires pour accomplir le travail avec l’arrivée de l’intelligence artificielle. Je crois plutôt que l’enjeu est de faire du « reskill », de trouver le nouveau potentiel des collaborateurs, adapté à ces évolutions technologiques. »

19 juin 2026 | Actualités