Jeune diplômée embauchée comme Analyste Cybercrime, Bogdana Shynkarenko a gravi rapidement les échelons en devenant Team Leader en seulement quatre ans. Une évolution de carrière construite sur le terrain, grâce à l’accompagnement et la confiance d’Alfred Huot de Saint Albin, son manager. De l’analyse de la fraude au pilotage du projet Orange Cybersecure, elle raconte son évolution professionnelle où le sang-froid est de rigueur.
Quand j’ai croisé le chemin de Bogdana, elle était une jeune étudiante ukrainienne. C’était au début de la guerre. J’ai été sensible au fait d’embaucher quelqu’un qui, à compétences égales avec d’autres candidats, venait d’un pays en si grande difficulté, confie Alfred Huot de Saint Albin, Reponsable du pôle antifraude, Orange Cyberdefense.
Bogdana Shynkarenko, Team Leader Cybercrime chez Orange Cybersecure (1) : « Originaire d’Ukraine, je suis venue en France pour poursuivre mes études après une Licence en droit international. Lorsque je croise Alfred, je suis alors étudiante à l’École de Guerre Économique (EGE), où j’effectue une alternance en sûreté pour les aéroports de Paris. Je sais déjà que je souhaite évoluer vers la Cyber. Alfred vient présenter les activités et différents métiers d’Orange Cyberdefense et j’ai le déclic. J’envoie mon CV en mars. En juin, je suis contactée pour rejoindre l’équipe d’Alfred, sur la partie menace et fraude. »
Alfred Huot de Saint Albin, Responsable du pôle antifraude, Orange Cyberdefense : « J’ai moi aussi effectué mes études à l’École de Guerre Économique, et en tant que secrétaire général de l’association des anciens étudiants, je présente régulièrement nos activités aux nouvelles promotions. C’est là que j’ai croisé le chemin de Bogdana. C’était alors le début de la guerre en Ukraine. J’ai été sensible au fait d’embaucher quelqu’un qui, à compétences égales avec d’autres candidats, venait d’un pays en si grande difficulté. »
Bogdana Synkarenko : « J’ai pour ainsi dire tout appris ! Par mes études et mes différents expériences, j’avais déjà certaines bases, mais le métier d’Analyste Cybercrime chez Orange Cyberdefense est assez spécifique, avec ses propres méthodes, outils et procédures, et il faut beaucoup apprendre en interne. C’est un métier que l'on apprend en étant sur le pont, dans un environnement très stimulant, grâce aussi à l’accompagnement des managers, des collègues et aux formations continues. En quatre mois, j’étais 100 % autonome. »
Alfred de Saint Albin : « On n’apprend jamais mieux ce métier qu’en le pratiquant. Quand je recrute, ce n’est pas la connaissance du métier qui prime, mais la capacité d’analyse et l’intégration dans l’équipe pour faire preuve de solidarité. Ces deux aspects sont primordiaux. Le reste, ça s’apprend, mais pas n’importe comment : nous avons un parcours pour acquérir un socle commun. Les nouveaux collaborateurs travaillent d’abord sur l’identification des typologies de fraudes sur les services « freemium » (gratuits) d’Orange Cyberdefense, par exemple les URL soumises par les internautes pour savoir si celles-ci sont frauduleuses. Puis le parcours évolue vers les prestations facturées avec plus de complexité. Toute l’équipe participe à l’intégration des nouvelles recrues. Bogdana a suivi ce parcours et a très vite appris. »
Bogdana Shynkarenko : « Lorsque je suis entrée chez Orange Cyberdefense comme Analyste Cybercrime, je sortais de mes études, avec quelques expériences acquises, notamment en tant que Chargée de sûreté, Analyste OSINT (3) ou Chargée de projet. J’ai été immédiatement en immersion, avec des délais très courts pour répondre aux clients qui faisaient face à des tentatives de fraude. Mon premier défi a été de m’adapter rapidement, avec des deadlines serrés et du stress à gérer. Quatre ans plus tard, j’ai évolué vers un poste de Team Leader Cybercrime. J’ai acquis plus de responsabilités, en étant le point de contact entre les analystes, les équipes techniques et de communication. Je continuer de développer mes compétences grâcex aux formations internes, comme la formation Python que j'ai suivie il y a quelques années. A ma demande, j'en suivrai une nouvelle en Cyber Threat Intelligence dans quelques mois pour approffondir encore mon expertise. Nous avons beaucoup d'échanges de compétences entre collègues, ce qui permet d'apprendre régulièrement les uns des autres. »
Alfred Huot de Saint Albin : « Le service Cybercrime est exigeant. Il faut maîtriser son stress face aux crises que rencontrent nos clients, accepter de travailler parfois les week-ends... Je suis transparent sur ces aspects lors des entretiens d’embauche. Mais la prise de poste comme la montée en compétences est très accompagnée. Nos analystes sont d’abord confrontés à des petites missions du quotidien, puis à des cas particuliers, parfois complexes, pour voir comment ils s’en sortent, leur manière d’aborder le problème, leur capacité à persévérer face à la complexité. Il n’y a pas de grand défi, mais plutôt des petits à relever au quotidien. C’est une très bonne manière de progresser. »
Bogdana Shynkarenko : « Il m’a d’abord recrutée ! Dès le début, je me suis sentie accompagnée pour gagner progressivement en autonomie. Alfred a su me faire progresser et surtout, m’accorder sa confiance. C’est important lorsque l'on sort tout juste de ses études. »
Alfred Huot de Saint Albin : « En tant que Team Leader, Bogdana gère l’opérationnel et les plannings, le contrôle qualité, la rédaction d’articles experts qui servent à la communauté. Je sais qu’en mon absence, elle prendra les bonnes décisions. Bien sûr, lorsque je dois intervenir en tant que manager, je tiens mon rôle. Mais c’est Bogdana qui pilote l’activité au quotidien. Nous avons très peu de remontées d’erreurs de qualification, les analystes travaillent bien, le contrôle qualité est performant. Quatre ans après son arrivée, c’est une belle évolution de carrière et une réussite. »
Par mes études et mes différents stages, j’avais des bases en cybersécurité, mais c’est un métier qu’on apprend en étant sur le pont. En quatre mois, j’étais 100 % autonome, nous explique Bogdana.
Alfred Huot de Saint Albin : « J’ai vite compris que Bogdana était quelqu’un de discret, pour qui la notion de confidentialité est primordiale. C’est un aspect important car nous travaillons sur des données sensibles. Par exemple, elle ne va pas parler à haute voix et à tout le monde dans l’open space. Cette discrétion est essentielle. Elle est par ailleurs très bien organisée et son évolution en qualité de Team Lead s’est faite naturellement. »
Alfred Huot de Saint Albin : « Toute évolution professionnelle commence par soi-même. Ceux qui veulent évoluer doivent savoir saisir les opportunités. Bogdana l’a fait sur la partie Team Lead. Certains s’entraînent sur leur temps libre pour s’auto-former et ainsi progresser. Par exemple, un analyste de l’équipe s’est mis au développement, un autre est parti au Pentest (2) après avoir travaillé des week-ends sur le sujet. On ne fait pas carrière au sein de la cellule Cybercrime, mais c’est une excellente porte d’entrée. Les perspectives d’évolutions nécessitent une spécialisation. »
Bogdana Shynkarenko : « Effectivement, il faut avoir de l’audace, mais aussi prendre le temps de se former et de se renseigner sur d’autres métiers pour faire évoluer sa carrière. Orange Cyberdefense offre une large palette de possibilités et d’opportunités professionnelles ! D’ailleurs, si je devais adresser un message à celle que j’étais le jour de mon recrutement, je lui dirais d’être plus confiante, de ne pas avoir peur de prendre des initiatives. »
Bogdana Shynkarenko : « Le « Hacking spirit » d'Orange Cyberdefense se traduit par une grande curiosité et de la ténacité : il faut pouvoir comprendre, analyser, mais aussi ne rien lâcher pour arriver au but, face à des fraudeurs toujours plus ingénieux. »
Alfred Huot de Saint Albin : « Je rejoins Bogdana ! Il est essentiel de savoir creuser et comprendre la manière dont le fraudeur agit pour parvenir à ses fins. Cela demande du temps. J’essaie d’en laisser à chacun pour analyser, investiguer, faire du développement, s’entraider. Le « Hacking spirit » se traduit aussi par une capacité de réaction forte. Nous sommes un service d’urgence, il faut savoir aller très vite, avec un haut niveau de qualité, tout en respectant les process. »
Alfred : « Quand je suis arrivé, il y avait une seule femme dans l’équipe. Aujourd’hui, nous sommes à 50/50, une vraie parité dans l’équipe Cybercrime, que ce soit à Paris, Montréal et Singapour. C’est assez notable car dans la cybersécurité, on tourne plutôt autour de 20 % de femmes. Pour ma part, lorsque je recrute, je m’attache à la qualité et la diversité des profils et non au genre, pour disposer d’approches complémentaires. »
Bogdana : « C’est très vrai. Les équipes sont constituées de profils techniques, mais aussi géopolitiques, ou avec une maîtrise des langues étrangères. Cette diversité d’expertises constitue une grande force. »
Alfred : « L’intelligence artificielle, tout le monde en parle, mais les experts du sujet sont peu nombreux. Côté fraudeurs, l’IA est un formidable accélérateur pour automatiser leurs opérations. Face à ça, bien sûr, il faut s’adapter. En interne, nous utilisons quotidiennement la plateforme d’IA Dinootoo - Live intelligence. L’enjeu est d’apprendre à se servir intelligemment de ce nouvel outil. Et donc de recruter des personnes qui savent à la fois appliquer la bonne procédure... et sortir des sentiers battus. Cela demande de développer ses compétences pour maîtriser l’IA. »
Bogdana : « Pour ma part, j’utilise l’IA pour coder et automatiser. C’est un outil innovant qui va nous aider à faire face à un volume de menaces toujours plus conséquent. Nous l’utilisons pour diminuer notre charge. En parallèle, l’équipe Fraude a doublé ses effectifs, notamment pour faire face à l’envergure du projet Cybersecure. L’IA n’est donc pas une menace pour les emplois ! »

19 juin 2026 | Actualités