
Cybersécurité et géopolitique dialoguent désormais en permanence. Dans un monde interconnecté, les enjeux numériques dépassent largement la seule sphère technique : ils touchent à l’économie, à la souveraineté, à l’influence et à la confiance.
Parmi les conférences phares de la 17e édition d’Insomni’hack, qui se déroulera du 19 au 20 mars 2026 au SwissTech Convention Center de l’EPFL à Lausanne, une enquête immersive proposera d’explorer de l’intérieur le fonctionnement de groupes organisés menant des opérations cyber : modes d’action, logiques de financement, stratégies d’influence. Une occasion rare de décrypter les mutations du “hacktivisme” et d’analyser comment certains collectifs s’inscrivent aujourd’hui dans des logiques d’influence plus larges.
Car au-delà des attaques opportunistes ou financières, certains acteurs cherchent désormais à peser sur les récits publics et à influencer les perceptions. Les cas de “hacktivisme” illustrent concrètement cette évolution : le barrage de Bremanger en Norvège, les attaques contre plusieurs sites web du secteur public britannique ou encore les systèmes d’eau, d’énergie et d’agriculture au Canada figurent parmi les incidents recensés en 2025. Autant d’exemples qui témoignent de l’élargissement du champ d’actions de ces groupes et des enjeux désormais associés à l’espace numérique.
Autre temps fort, l’intervention de Florian Schütz, directeur de l’Office fédéral de la cybersécurité, intitulée “La cybersécurité entre géopolitique et suprématie technologique”. À l’heure où l’intelligence artificielle, l’informatique quantique ou encore la 5G redéfinissent les rapports de force technologiques, la cybersécurité devient un élément structurant des stratégies nationales. Quels sont les liens entre innovation, protection des infrastructures critiques et positionnement international ? Comment les États intègrent-ils ces nouvelles dimensions dans leur stratégie ? Autant de questions qui seront abordées avec une perspective à la fois stratégique et prospective.
Mais la cybersécurité ne se limite pas aux grandes manœuvres internationales. Elle s’invite aussi dans notre quotidien numérique. Une conférence mettra en lumière des scénarios d’ingénierie sociale particulièrement subtils, comme l’ajout automatisé de fausses invitations à des réunions virtuelles dans des agendas électroniques. Présentées comme légitimes, ces sollicitations exploitent moins des failles techniques que des mécanismes psychologiques. Une illustration concrète de la manière dont la vigilance humaine reste au cœur de la sécurité numérique.
Du 19 au 20 mars 2026, au SwissTech Convention Center de l’EPFL à Lausanne, la 17e édition de Insomni'hack réunira donc plus de 1'500 spécialistes et passionnés venus du monde entier. Avec un programme de plus de 30 conférences, l’événement mettra en lumière les multiples dimensions de la cybersécurité contemporaine, des enjeux géopolitiques aux réalités opérationnelles, en passant par les nouvelles formes de manipulation numérique.
Et fidèle à sa tradition, Insomni'hack se clôturera par son emblématique concours d’ethical hacking (CTF – Capture the Flag). Près de 750 participants s’affronteront dans la nuit du 20 au 21 mars lors de l’un des plus grands concours internationaux du genre, véritable laboratoire d’innovation et de talents. Ils chercheront à déceler les faiblesses et vulnérabilités dans les systèmes préparés pour l’occasion et batailleront pendant toute la nuit pour déterminer quelle est la meilleure équipe de pirates éthiques du moment.
Gérer la cybersécurité, c’est aujourd’hui gérer les risques politiques, juridiques et éthiques. Les conférences de cette édition 2026 d’Insomni’hack en apportent une illustration concrète. Nicolas Lutz, Président du comité d’organisation d’Insomni’hack