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Cybersécurité industrielle : pour une industrie 4.0 résiliente

Deux professionnels portant un gilet jaune se consultent l'un l'autre avec en toile de fond un bateau de transport maritime.

L'essentiel de votre hack'tu cybersécurité

  • Notre second article dédié aux cybermenaces industrielles montre leur évolution, avec des attaques ciblant la continuité opérationnelle, le sabotage et l’espionnage, mettant en danger la sécurité des infrastructures critiques et la compétitivité des entreprises ; 
  • Attaques par ransomware, cyber sabotage et espionnage industriel sont les principales menaces, nécessitant une stratégie de cybersécurité résiliente intégrant segmentation réseau, détection précoce et sensibilisation des équipes ;
  • Une gouvernance globale, alliant gouvernance, organisation et technologie, est essentielle pour protéger efficacement les systèmes OT contre ces cyberattaques sophistiquées.

Panorama des cybermenaces qui ciblent le secteur industriel

Les cyberattaques visant le secteur industriel ne répondent pas à une logique unique. Selon les contextes et les acteurs impliqués, elles peuvent poursuivre des objectifs très différents.

Cyberattaque par ransomware : l’extorsion par l’arrêt de production

Dans les environnements industriels, le ransomware - ou rançongiciel - s’est imposé comme la forme d’attaque la plus répandue, car il exploite un levier particulièrement efficace : la nécessaire continuité des opérations. L’objectif des attaquants n’est pas uniquement de chiffrer des données, mais de désorganiser les systèmes nécessaires au fonctionnement normal de l’activité afin de contraindre l’entreprise à payer une rançon pour rétablir la situation le plus rapidement possible.

L’impact final ne cible pas nécessairement les automates eux-mêmes, mais les systèmes support indispensables à l’exploitation industrielle : serveurs de supervision SCADA, systèmes de gestion de production, outils logistiques ou infrastructures réseau. En chiffrant des éléments critiques comme le « Master Boot Record » (MBR), indispensable au démarrage du système d’exploitation, les attaquants peuvent rendre ces systèmes inopérants, provoquant ainsi un arrêt complet ou une forte dégradation de la production.

Faits marquants : selon le rapport « The State of Ransomware in Manufacturing and Production » de Sophos(1), l’économie du ransomware dans l’industrie reste très concrète : en 2025, la demande moyenne de rançon dans le secteur manufacturier atteint 1,2 M$. Dans le même temps, le paiement reste une réalité opérationnelle : 51 % des organisations du secteur déclarent avoir payé la rançon demandée afin de récupérer leurs données.

Sabotage opérationnel : perturber ou arrêter volontairement les processus

Certaines cyberattaques s’inscrivent dans une logique de nuisance délibérée, où l’enjeu n’est ni la rançon ni le vol de données, mais la perturbation durable des activités économiques et des infrastructures critiques. Dans ce contexte, le cyber sabotage devient un outil à part entière de pression politique, idéologique ou stratégique, en particulier lorsqu’il est utilisé par ou au bénéfice d’intérêts étatiques.

Depuis le début du conflit en Ukraine, plusieurs analystes mettent en garde contre l’intensification de la stratégie de guerre hybride menée par la Russie. Un rapport publié en 2025 par l’International Institute for Strategic Studies(2) - « The Scale of Russian Sabotage Operations Against Europe’s Critical Infrastructure » - documente en détail cette évolution et ses implications pour les infrastructures européennes.

Combinant actions informationnelles, pressions économiques et opérations cyber visant des infrastructures civiles et industrielles, l’objectif est multiple : fragiliser le tissu économique européen et démontrer une capacité de nuisance permanente. À ce titre, les environnements industriels, énergie, eau, transport, logistique constituent des cibles privilégiées en raison de leur rôle structurant et de leur sensibilité opérationnelle.

Fait marquant : aux Pays-Bas, le service de renseignement militaire néerlandais, le MIVD(3), a révélé qu’un groupe lié à la Russie avait tenté de compromettre le système de contrôle d’une infrastructure publique en avril 2025. Si l’impact opérationnel immédiat a été qualifié de limité : il s’agit du premier cas documenté de cyber-sabotage ciblant un système opérationnel dans le pays. Pour les autorités néerlandaises, l’objectif était le pré-positionnement dans des infrastructures critiques, en vue de perturbations futures.

Cette stratégie apparaît encore plus clairement dans des pays exposés en première ligne. En août 2025, les autorités de Pologne ont annoncé avoir déjoué une cyberattaque majeure visant un système de distribution d’eau d’une grande ville(4). Le ministre polonais du Numérique a également précisé que le pays fait face à environ 300 tentatives de cyberattaque par jour.

Espionnage industriel et intrusions persistantes

Outre les actes de sabotages, l’industrie doit également faire face au cyberespionnage. L’objectif est avant tout de capter ce qui fait l’avantage compétitif d’une organisation. Cela peut concerner du savoir-faire (procédés de fabrication, propriété intellectuelle, méthodes de contrôle qualité), des données de production (paramètres de réglage, tolérances, rendement, historiques de défauts), ou encore des éléments de recherche et développement et d’ingénierie (plans, schémas, documentation technique). L’intérêt des attaquants tient aussi au fait que ces informations ont une certaine pérénnité : elles peuvent alimenter un concurrent, accélérer la reproduction d’un produit, ou faciliter des actions ultérieures en apportant une compréhension des architectures industrielles et de leurs dépendances critiques.

Le caractère « persistant » de ces intrusions est central. Les campagnes d’espionnage privilégient la discrétion, la durée et la collecte progressive : l’attaquant cherche à se maintenir dans le système sans déclencher d’alerte, à étendre son accès, puis à extraire régulièrement des données.

Fait marquant : les campagnes documentées ces dernières années montrent ce schéma. Fin 2023, The BlackBerry Research and Intelligence Team(5) a décrit un acteur baptisé AeroBlade, impliqué dans une opération de cyber-espionnage commercial visant une organisation du secteur aérospatial américain.

Plus récemment, Proofpoint a alerté sur une intensification des opérations d’espionnage alignées sur la Chine visant l’écosystème des semi-conducteurs taïwanais(6) entre mars et juin 2025, avec environ 15 à 20 organisations ciblées, y compris des acteurs de la chaîne de valeur et des analystes.

Comment bâtir une cybersécurité industrielle résiliente ?

Bâtir une cybersécurité industrielle résiliente suppose d’adopter une approche globale, à la fois technique, organisationnelle et humaine, adaptée aux contraintes spécifiques des systèmes de contrôle industriels.

  • Structurer la gouvernance et évaluer les risques OT : la première étape consiste à disposer d’une vision claire de l’existant. Un diagnostic OT permet de cartographier les équipements, les flux et les dépendances critiques, puis d’évaluer les risques par processus métier. Cette démarche, alignée avec la méthode de classification de l’ANSSI(7), aide à identifier les actifs dont l’indisponibilité aurait des conséquences majeures sur la sécurité ou la continuité d’activité. Elle doit s’inscrire dans une gouvernance partagée, associant direction industrielle, IT et sécurité, afin de prioriser les efforts et d’arbitrer les choix de protection ; 
  • Segmenter les réseaux pour contenir les attaques : cette stratégie, basée sur le modèle de référence Purdue(8) permet d’organiser l’architecture d’une usine en niveaux distincts, depuis les équipements de terrain et les automates jusqu’aux systèmes informatiques de l’entreprise. Cette approche évite les communications directes entre les environnements bureautiques et les systèmes de contrôle. Dans ce cadre, la mise en place de pare-feu et d’une DMZ - une zone intermédiaire sécurisée entre l’IT et l’OT - permet de maîtriser les flux autorisés et de contenir les attaques. À l’intérieur des ateliers, le cloisonnement des cellules de production limite également la propagation d’un incident ; 
  • Renforcer la supervision et la détection : dans des environnements où la tolérance à l’arrêt est faible, la détection précoce est essentielle. Des outils de supervision OT, comme des sondes IDS / IPS compatibles avec les protocoles industriels, permettent d’identifier rapidement des comportements anormaux sur les réseaux de contrôle. L’intégration des journaux OT dans un SIEM (« Security Information and Event Management ») ou un SOC, voire dans des approches XDR couvrant à la fois IT et OT, améliore la capacité à corréler les événements et à réagir efficacement ; 
  • Déployer des mesures de protection adaptées : la segmentation doit s’accompagner du durcissement des systèmes industriels. Cela passe par le contrôle des ports USB avec des stations blanches, des mises à jour planifiées lorsque les contraintes opérationnelles le permettent, et une gestion maîtrisée des vulnérabilités OT. Les accès distants, notamment ceux des prestataires de maintenance, doivent être strictement encadrés par des mécanismes d’authentification forte et des VPN sécurisés. Par ailleurs, des dispositifs de sûreté indépendants doivent être maintenus pour prévenir tout impact physique en cas d’incident cyber ; 
  • Se préparer à l’incident et investir dans l’humain : la résilience repose aussi sur l’anticipation. Un plan de réponse aux incidents OT, aligné avec le plan de continuité d’activité, doit être formalisé et régulièrement testé. Exercices de crise, tests de restauration de sauvegardes hors ligne et coordination avec les autorités compétentes sont essentiels pour réduire le temps d’arrêt. Cette préparation doit s’accompagner d’actions de sensibilisation et de formation croisée entre équipes IT et OT.

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Sources et notes

(1) « L’état des lieux du ransomware dans l’industrie manufacturière et la production en 2025 », Rajan Sanhotra, Sophos.com, 3 décembre 2025 : www.sophos.com/en-us/blog/the-state-of-ransomware-in-manufacturing-and-production-2025
(2) Rapport IISS : « The Scale of Russian Sabotage Operations Against Europe’s Critical Infrastructure », 19 août 2025 : www.iiss.org/research-paper/2025/08/the-scale-of-russian--sabotage-operations--against-europes-critical--infrastructure/
(3) « La Russie tente de mener des cyberattaques de sabotage contre les infrastructures critiques néerlandaises », Alexander Martin, The Record, 22 avril 2025 : therecord.media/dutch-mivd-report-russian-cyber-sabotage
(4) « La Pologne déjoue une cyberattaque russe contre son réseau d’eau, alors que des tactiques de sabotage visent les relations polono-ukrainiennes », Tvpworld.com, 14 août 2025 : tvpworld.com/88336557/poland-foils-russian-cyberattack-on-water-system-as-sabotage-tactics-target-polish-ukrainian-ties
(5) « Un nouvel acteur cybercriminel, AeroBlade, a ciblé une entreprise aérospatiale américaine dans le cadre d’une campagne d’espionnage », Ionut Arghire, Securityweek.com, 5 décembre 2023 : www.securityweek.com/new-threat-actor-aeroblade-targeted-us-aerospace-firm-in-espionage-campaign/
(6) « Des hackers liés à la Chine ciblent l’industrie des semi-conducteurs taïwanaise avec une intensification des attaques, selon des chercheurs », A.J Vicens, Reuters.com, 16 juillet 2025 : www.reuters.com/sustainability/boards-policy-regulation/china-linked-hackers-target-taiwans-chip-industry-with-increasing-attacks-2025-07-16/
(7) Guide ANSSI : « La cybersécurité des systèmes industriels -Méthode de classification », 10 mars 2025 : messervices.cyber.gouv.fr/documents-guides/anssi-guide-systemes_industriels-methode_de_classification_v2-0.pdf.pdf
(8) « Le modèle Purdue pour la sécurité des technologies opérationnelles est-il devenu obsolète ? », Lee Pender, Acronis, 29 mai 2025 : www.acronis.com/fr/blog/posts/is-the-purdue-model-for-operational-technology-security-outdated/

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